Avant de regarder en arrière les exploits des héros du passé, il est important pour comprendre l'univers du drag, de bien différencier les deux grandes catégories de performances : l'accélération et la recherche de la vitesse pure.

   1) Les courses d'accélération se déroulent sur des distances courtes (en général : 200, 250 ou 400 mètres…), dans le but d'atteindre la vitesse la plus importante en un minimum de temps. Les engins qui courent en solo ou sur deux couloirs parallèles dans cette catégorie recherchent le rapport poids / puissance le plus important. Cela nécessite le véhicule le plus léger possible, emporté par le maximum de puissance.

   2) La recherche de la vitesse pure est une autre forme d'exploitation d'engins spéciaux. Ces performances se déroulent sur des véhicules beaucoup plus lourds avec des réserves de carburant plus importantes, pour pouvoir rouler sur de longues distances et atteindre la vitesse la plus importante possible. Ces tentatives se déroulent la plupart du temps sur le fameux lac salé de Bonneville aux USA.

Dans les deux cas, accélération ou vitesse pure, c'est un véritable bras de fer entre un homme et une bête fauve qui essaie de dominer son pilote. Que ce soit en drag - moto - bateau - auto, un seul but pour tous ces fous de la décharge d'adrénaline, rouler le plus vite possible en un minimum de temps avec le maximum de sécurité.

Même si on sait que dans toutes les disciplines mécaniques (Formule 1, rallyes, off shore, grands prix moto…) le risque de perte de contrôle et d'accident plane en permanence, les pilotes font tout pour maîtriser un danger réel et parfois dramatique.

Dans l'histoire de la vitesse, des hommes ont payé de leur vie cette passion dévorante qui consiste à aller plus vite, encore et toujours plus vite…
Dès le début du siècle, des hommes se sont laissés absorber par les formidables sensations de la vitesse, drogue dont il est difficile de se passer quand on y a goûté.
Dans les années 50, Donald Campbell confirmait cette théorie : "mon père me disait toujours, fait très attention… Si tu as le malheur de mettre un doigt dans l'univers de la vitesse, tu ne pourras jamais t'en sortir seul !".





En 1933, Sir Malcolm Campbell parlait déjà de sa passion pour la vitesse alors qu'il venait tout juste de rouler à 408 km/h sur la plage de Daytona: "si vous voulez vous faire une vraie frayeur, je vous suggère de prendre cette vieille voiture, de rouler à 400 à l'heure, c'est un vrai kiff, je vous l'assure…". Campbell va battre son propre record en septembre 1935, à la vitesse de 484 km/h.

Cependant la concurrence sérieuse est là en la personne de George Eyston qui en 1938, franchit 555 km/h sur le lac salé de Bonneville.
10 ans plus tard, John Cobb est le premier à passer la barre des 600 km/h.

1960 : c'est l'arrivée du fils Campbell (Donald), qui prend le relai de son père sur le "Blue Bird CN7", mais il se crashe à 580 km/h et s'en tire miraculeusement après un séjour à l'Hospital et une énorme frayeur. Pourtant, Campbell remet le couvert quatre ans plus tard sur le lac Eyre en Australie et atteint 648 km/h. Ce sera sa dernière tentative.

Un an plus tôt, l'américain Craig Breedlove avait roulé plus vite que Campbell avec son superbe "Spirit of America" propulsé par un réacteur d'avion. Il passe les cellules de chronométrage à 655 km/h, mais à cause d'une rupture de parachutes de freinage, il quitte la piste salée et termine sa course folle dans l'eau. C'est une image légendaire et le pilote sain et sauf promet de retenter bientôt sa performance manquée.
Son challenger Art Arfons réussit de son côté à atteindre la vitesse de 966 km/h et marque également le début officiel de la course au mur du son sur terre.

Le temps passe et c'est en 1970 que le premier homme passe les 1000 km/h. Gary Gabelish atteint 1014 km/h sur le magnifique "Blue Flame", alimenté par un mélange de Péroxyde d'hydrogène et de gaz naturel.
Ce record allait tenir dix ans, jusqu'à l'arrivée du Rocket-Car (voiture fusée) "Budweiser". Ce programme préparé par le cascadeur de cinéma Hal Needham et l'engin piloté par Stan Barrett se termine dans la confusion. A priori, Barrett serait le premier homme à passer le mur du son sur terre à 1190 km/h, mais cet exploit reste officieux car le record ne sera jamais homologué…

En 1983, L'anglais Richard Noble veut officiellement passer le mur du son cette fois, mais son "Thrust 2" ne le mène pas au delà de 1019 km/h. Il reviendra…
L'infatigable Breedlove, revient lui aussi avec un tout nouveau "Spirit of America". Il court sur le désert de Black Rock dans le nevada et frôle encore une fois la catastrophe. Il perd le contrôle à plus de 800 km/h et s'en tire à nouveau miraculeusement. Le reverrons-nous un jour ?

Enfin, en 1997, Richard Noble prend sa plus belle revanche en permettant au pilote de la Royal Air Force, Andy Green, d'être officiellement le premier homme à passer le mur du son sur terre à la vitesse de 1227 km/h. L'image est mythique, le bang a retenti au sol.
Qui viendra maintenant essayer de faire mieux et se de rapprocher de la barre affolante des 1000 miles à l'heure (environ 1.500 km/h) ? Parlez en au team Perrot Feeler Racing, ils ont peut-être une idée sur la question…




Lecture indispensable :
Vitesse Illimitée (l'histoire du record absolu de vitesse de 1898 à nos jours) par William Huon.
Editions Rétroviseur.





Toutes les photos de cette page sont extraites de cet ouvrage.