Le 28 avril 1998, sur la base militaire de Creil est un jour que Bob Feeler, Vincent Perrot et leurs invités n'oublieront pas de si tôt. Aussi amicale et sympathique que soit l'ambiance, les jours de tentative de record, il plane toujours une atmosphère particulière, très électrique...

Cette journée était attendue, elle avait été parfaitement préparée après de nombreuses étapes successives, bien avant de savoir si le succès serait au rendez-vous.

Remontons dans le temps !

Dès les premiers essais en dragster de Vincent, les deux complices se fixèrent un but, un objectif à atteindre. Grâce à l'extraordinaire potentiel d'accélération de Satanic Machine, l'idée de passer la barre des 400 km/h en moins de trois secondes départ arrêté fut sérieusement envisagée. La grande question était : "challenge est beau sur le papier, mais est-il vraiment réalisable sur le terrain ?"


Vincent n'était qu'un jeune pilote entraîné par Bob le professionnel, mais il est clair qu'on avance pas sans un objectif en tête. Il était décidé décider d'organiser progressivement une succession de runs et de faire le point technique et physique après chacun d'eux, pour décider de la suite du projet.


Tout a réellement commencé sur la piste de Chamblay en avril 1994 avec un run encore un peu timide mais prometteur à 321 km/h.
Après un gros entraînement, les deux amis inséparables et leur équipe se retrouvent un an plus tard, au meilleur de leur forme, sur la ligne droite des stands du Circuit Paul Ricard au Castellet pour tenter de faire mieux. La progression fut spectaculaire avec un bonus de 54 km/h, soit une vitesse terminale de 375 km/h.


Les choses devinrent vraiment sérieuses et deux ans plus tard, une nouvelle tentative est organisée au même endroit pour se rapprocher le plus possible de la barre mythique des 400 km/h.

Cette tentative fut particulièrement importante car en fonction du résultat, une décision fondamentale devriat être prise, continuer ou abandonner leur rêve… Soit le précédent record n'était pas battu et tout le projet était remis en question ou le record 1995 était dépassé et il faudrait se préparer pour partir à l'assaut de la barre des 400 l'année suivante.
L'enjeu était de taille et ce run fut très encourageant puisque 10 km/h furent gagner avec un résultat de 385 km/h !


C'était décidé, rendez-vous pour les 400 km/h au printemps suivant…
Sur la chaîne de télévision LCI, Vincent déclara : "En 97, j'étais bien sur heureux d'avoir battu le précédent record, mais en sortant de la voiture alors que j'étais un peu hagard, je me disais que je n'étais pas tout à fait satisfait car je savais que toute l'équipe, la voiture et moi, nous pouvions maintenant espérer atteindre notre but ultime. J'étais déjà très impatient d'y être…"
Mais pour une vitesse aussi élevée, la ligne droite des stands du Castellet devenait trop courte et peu sécurisante. Il fallait maintenant une piste d'aviation longue et large pour éliminer la plus grande partie des risques d'accident.

Après de longues et fructueuses négociations avec l'Armée de l'Air, la réponse fut positive et la piste principale de la Base Aérienne 110 de Creil fut mise à leur disposition.

C'est un grand jour qui s'annonçait, les esprits étaient en ébullition.
Ce 28 avril 1998, devant leurs partenaires, amis, parents, militaires, médias et invités nombreux, rien n'aurait pu dissuader Bob et Vincent de ne pas tenter à deux reprises, mais pour la dernière fois, (ils l'avaient juré…) de tenter ce record et de concrétiser le challenge lancé quatre ans plus tôt.

Les cellules de chronométrage affichèrent la première tentative à 402,8 km/h, le record était battu, la barre des 400 franchie… Mais pour vraiment officialiser, il fallait remettre le couvert moins de deux heures plus tard et essayer de faire encore un peu mieux.
Vincent savait qu'il serait difficile de se battre pour obtenir, ne serait-ce que un ou deux km/h de plus, mais il fallait essayer…


Ce deuxième essai compta seulement 0,6 km/h de bonus et pourtant, curieusement, tout le monde avait senti que la "voiture " avait roulé plus vite. Les cellules confirmèrent la vitesse de 403.4 km/h en 2,8 secondes d'accélération sur 250 mètres départ arrêté !

Vincent était épuisé, Bob effondré par la tension nerveuse de toute la préparation et pourtant les deux amis étaient fous de joie, tout en pensant déjà à la prochaine performance : passer la barre ultra symbolique des 500 km/h sur 500 mètres, départ arrêté, dans une machine nouvelle.

Affaire à suivre vers le printemps-été 2001…